Chapitre 5 : Old friends

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Il n’y avait pas de corps, les cendres rituelles manquaient donc à la cérémonie d’adieu offerte à Blizzard, ancien Wind de Souffle. Cela ne rendait pas la réunion moins poignante. Pas un ne manquait à l’appel, tous étaient là, les milliards de Khamsins qui avaient servi sous les ordres du plus illustre meneur qu’ai connu leur peuple.  En plus d’eux, quelques amis d’autres mondes étaient venus participer à la cérémonie. Le Duc Arsal Venturi, de Demalia, un territoire proche, accompagné de son jeune fils, Seno Venturi. Le garde du corps officiel des Présidents de l’Assemblée et unique élève qu’ai jamais formé Blizzard, Simara, La Mort Souriante. Le Marquis de Vangue, l’aristocrate poète, était là aussi, ne cachant pas ses larmes. Il avait perdu plus qu’un ami : un frère d’armes, qui l’avait invité à s’installer sur Souffle quand il avait perdu ses trois planètes suite à une disgrâce injustifiée. Et c’était tout. Seuls les proches de l’ancien Wind étaient là pour la cérémonie : tous les Khamsins sans exception, et ses trois amis.

Zéphyr n’avait pas encore approché le trône. Non pas que quelqu’un lui aurait refusé ce droit. Il se savait simplement indigne du titre qu’il portait par intérim. Il n’avait pas été élu, et l’évocation des exploits passés de son père, au début de la cérémonie, lui avait bien signifié qu’il n’était pas ce que devait être un Wind. Mais il allait devoir faire comme si.

Il monta les quelques marches jusqu’au trône à côté duquel se tenaient Tempête, l’un de ses frères, et Meltemi, sa sœur. Mistral, le puîné, avait refusé de siéger auprès de Zéphyr, et se trouvait quelque part dans la foule. Sans s’asseoir, le nouveau Wind fit les quelques gestes rituels, croisant les mains, les décroisant, les faisant bouger comme des feuilles sous le vent. Il montrait ainsi que la vie, non seulement sur Souffle, mais aussi partout dans l’univers, va et vient au gré des aléas. Et que malgré eux, elle finit par atteindre le sol et s’achever, pour ensuite nourrir la terre, permettant à d’autres feuilles de pousser sur l’arbre… Pour qu’elles tombent à leur tour. Et ainsi de suite. L’aristocrate poète avait parfaitement résumé cela dans un de ses courts poèmes.

Suspendu entre ciel et terre,

Tel la feuille au vent,

Je virevolte.

Quand il eut fini le rituel, Zéphyr regarda le trône, et ne trouva rien d’autre à faire que de s’apercevoir qu’il était désespérément vide, et que ce n’était pas à lui de le remplir. Les Khamsins allaient bientôt vider les rues qu’aujourd’hui le vent n’avait pas osé envahir, reprendre leurs occupations, rejoindre leurs positions dans l’espace… Mais aucun n’oublierait ce vide.

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