Chapitre 7 : It’s not a new wind that blows

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Le trône était à lui, mais Zéphyr n’était pas assis dessus. Il avait choisi la chaise la plus inconfortable qu’il avait pu trouver. Le jeune homme était supposé présider la séance du conseil, mais, depuis plus d’une heure qu’ils étaient là, personne n’avait dit un mot. Tous s’étaient compris. Le doyen du conseil se leva. Il n’avait aucun respect pour le fils de cet ancien Wind, qui avait le pouvoir mais pas le droit de le posséder. Et pire encore, Zéphyr était l’un des rares Khamsins à essayer de faire changer les traditions et les mentalités. Enfant, il peignait, et plutôt bien en plus. Jusqu’à ce que son père lui mit de force des lames dans les mains. Il avait troqué ses pinceaux pour des épées, des outils bien plus adaptés à un Khamsin, et avait fini par être aussi bon au combat qu’il l’était pour la peinture. Il était de ceux qui affirmaient que leur peuple n’était pas meilleur que les autres, et il laissait même sa sœur, Meltemi, fréquenter un aristocrate étranger… Le doyen quitta la salle. Un autre membre du conseil se leva à son tour et partit lui aussi. Puis une autre, et encore un. En une minute, Zéphyr se retrouva seul, les dix qui composaient le conseil ayant décidé de le quitter. Il ne pourrait jamais diriger sans faire de concessions. Mais un Khamsin ne fait jamais de concession.

Le jeune homme, malgré lui, sombra dans un profond abysse de détresse. Il était supposé mener ce peuple, mais n’en avait pas le droit, et leur désir de liberté, ainsi que leurs traditions allaient l’empêcher de faire ce qui devait l’être. Tempête avait été catégorique : Zéphyr devait gagner leur respect, coûte que coûte, pour qu’ils aient une chance de réussir. Après être resté immobile, plongé dans ses pensées un long moment, il se leva enfin, lentement, presque douloureusement. Il allait marcher un peu dans les rues d’Aeria, la capitale. À peine eut-il passé les portes, sans même que les gardes n’aient prit la peine de saluer l’usurpateur, qu’il fut frappé par le vent qui balayait sans cesse la planète, même dans les villes. Il fit quelques pas, les rafales tentant à chaque fois de le jeter à terre. Il lui semblait que la planète même s’opposait à ce que lui et Tempête étaient en train de préparer. Mais c’était le seul moyen ! Sans ça, tous allaient mourir, empêchant les Khamsins de perdurer. C’était une race de guerriers, aussi sages que forts, enfin c’était ainsi qu’ils s’efforçaient d’être depuis des siècles. Forts, ils l’étaient, c’était indéniable. Sages… Eh bien compte tenu de leur force, personne n’osait leur dire le contraire.

Mais c’était fini. L’Assemblée avait ses cyborgs. Ils surpassaient les Khamsins, guerriers millénaires. Et ces deux races de combattants allaient devoir s’affronter sous peu, dans un combat titanesque. Zéphyr le savait. Et il savait que les Khamsins n’auraient pas une chance. Ils étaient nombreux, ils étaient forts, ils étaient entraînés. Mais les cyborgs étaient tout ça aussi, et bien plus qu’eux.

Une bourrasque plus puissante que les autres renversa le jeune homme, l’envoyant voler contre la façade d’un bâtiment de la rue. Un enfant s’approcha, et lui cracha au visage avant de lui mettre un coup de pieds dans les cotes et de continuer sa route d’un pas furieux. Zéphyr resta là un long moment, à se masser le flanc, après s’être essuyé le visage. Même les enfants des Khamsins avaient compris qu’il les privait de leur liberté. D’une seule, en fait : celle de choisir leur dirigeant. Mais pour ce peuple, la liberté n’était qu’une et entière, ou n’était pas du tout.

Au bout de la rue, l’enfant fini par revenir, accompagné d’une bande de gamins. Ils tenaient des pierres, et les lancèrent à celui qui était supposé être leur seigneur et maître. Le jeune homme ne chercha même pas à esquiver les projectiles : il les méritait. Quand un cailloux mieux ajusté que les autres lui fracassa l’arcade, il s’effondra, inconscient.

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