Chapitre 9 : Betty boops

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Bon, tout est prêt ? Oui oui, j’ai passé la journée à cuisiner… Il n’y a plus qu’à l’attendre. Combien de temps ? Environ deux heures trente sept et cinquante deux secondes. Environ ? Ben ça change tout le temps… Quelqu’un est pressé de revoir Betty… Non, juste pressé de passer à table. Bien sûr… Charrie pas le petit, ça sent super bon. J’accepte le compliment. Eh c’est pas toi qui sent bon hein. Non, mais c’est la nourriture que j’ai préparée. Pour moi ça compte. Bon on fait quoi du coup ? On bosse sur notre arbre à mafieux ? C’est comme ça que tu l’appelles ? Ben c’est presque un arbre généalogique mais avec des mafieux, alors… Petit commentaire en passant les gars, le faire sur le mur de la chambre, c’était pas une super idée… T’en fais pas, les chances que tu arrives à amener Betty dans cette salle sont assez basses. Moi oui, mais Jimmy pourrait nous surprendre… Eh ben il au pire il va la convaincre de faire ça ailleurs. On commence à avoir pas mal de photos et d’infos sur ce mur… Oui. Il va falloir commencer à s’occuper un peu plus des rues et un peu moins du mur… Un peu de préparation n’a jamais tué personne. Beaucoup de préparation non plus, c’est bien ça le problème. On pourrait faire une sortie ce soir, non ? Non, l’Hidalgo a un gros match de boxe demain, tu te souviens ? Ah, oui. Mais on va se mettre au boulot sérieusement très bientôt, t’en fais pas Jimmy. Juste quelques jours de préparation en plus…

Quelqu’un frappe à la porte. Betty ? Elle est en avance… On est même pas présentables… Bon, vous faites gaffe, faut pas qu’elle aille dans la chambre… Qui ouvre ? Vaut mieux laisser faire Jimmy.

Bonjour Be… Vous n’êtes pas Betty.”

Pourquoi je connais ces types ? On vient de les rajouter au mur. Merde. Faut pas qu’ils aillent dans la chambre. J’ai aucune envie de les y emmener. C’est le genre à avoir des armes non ? Ouais. On fait pas les malins du coup ? Nan.

Il nous invite pas.

-Sa mère lui a pas appris les bonnes manières.

-Le type est boxeur, tu t’attendais à quoi ?

-Il est mal élevé et muet le boxeur…

-Allons, c’est normal. Mettez-vous à sa place. Quatre étrangers débarquent devant sa porte, et on a pas vraiment l’air de témoins de Jéhovah.”

Bon va falloir dire quelque chose. Ou faire quelque chose. Non, là vaut mieux dire que faire je pense. Je suis d’accord. Pas moi. Je te suis.

Vous voulez quoi les men in black ?

-Il est pas muet en fait !

-Et il a de l’humour !

-On veut discuter. Dans votre appartement.

-Il y aura des os cassés avant que ça arrive.

-Oh, il manque pas de confiance en lui le petit boxeur… Un vrai roquet.

-C’est le genre sur lequel les gens parient. C’est bien.

-Bon, désolé mon pote mais on va entrer.

-Non.”

Tu avais dit qu’on devait pas faire les malins. Parce que t’as l’impression que je fais le malin là ? Non, là tu fais le gros bourrin. Exactement. Le premier a la main sur le cadre de la porte. Je cogne dedans, un direct de boxeur. Ses doigts craquent et cassent. J’enchaine par un uppercut au deuxième, ses dents claquent, il va en cracher des morceaux. Et le troisième nous tient en joue, bien joué… C’est un gros flingue en plus, avec un silencieux… Bon, et voila, on va mourir. Et on a même pas diné avec Betty…

Merde, qu’est-ce qu’elle fout là ? Elle vient à notre rendez-vous. Et à notre aide. Elle les attaque par derrière. Il tire, fais gaffe ! Le laisse pas tirer dans l’appartement, pense à la caution ! Ne le laisse pas nous tirer dessus non plus ! Chut, je gère. Et Betty gère aussi… Ils sont à terre. Il y en a un de conscient ? Ouais. Celui à qui on a cassé les doigts.

Vous vouliez quoi ?

-Juste faire un deal ! Cinq mille balles pour que tu te couches au deuxième round demain !

-Pourquoi ?

-Pour faire monter la cote d’un autre boxeur…

-Et comme j’avais pas l’air d’accord vous alliez simplement me trouer la peau ?

-Non, mais fallait pas te défendre comme ça ! On a paniqué…  Et ta furie, bordel…

-Je m’appelle Betty.”

Betty la furie… Bon, on fait quoi de ces gars là ? Madame Vandertramp ? Bonne idée. Comment ça ? Elle appelle les flics dès que quelqu’un laisse un sac poubelle sur le palier. On a qu’à les laisser devant sa porte. Donc on va laisser quatre mafieux devant la porte d’une petite vieille de quatre vingt dix ans ? Oui, bon, dit comme ça c’est pas une super idée, mais bon… On les attachera et on sonnera à sa porte. Et si ils balancent à leur chef ? La police va les garder. La police corrompue. On utilise le deuxième arbre. L’arbre à bons gars. Faut vraiment qu’on trouve un autre nom pour ça. On les attache avec une note genre “Pour le détective Didram” avec son numéro et hop, le tour est joué. Le coup de fil ? Probablement pas avant demain, Didram fera trainer, du coup leur chef saura pas ce qui leur est arrivé. Oui, enfin il va se douter… Pas sûr, avec le début de guerre des gangs, il va sûrement accuser les asiats… Les gars, souvenez-vous de ce jour où Jimmy est devenu notre tête pensante. Oh merde c’est vrai en plus. On est fiers de toi Jimmy. Bon, on s’occupe de Betty maintenant ?

Excuses-moi une minute Betty, il faut que j’emballe ces quatre là pour un ami.”