Chapitre 8 : The Artist

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Ok les gars, qui a cru que c’était une bonne idée ? Quoi ? Les chaussures Pikachu lumineuses. Ah, ça… Jimmy… On va au vernissage de notre propre exposition ! On a un costard cravate et… Et des chaussures lumineuses ! Sans déconner… Ben on les a achetées pour les utiliser, non ? Oui, mais pas pour ce genre d’occasions Jimmy… C’était super dur de trouver des chaussures Pikachu lumineuses à notre pointure ! Oui, et on est très fiers que tu les aies trouvées… Bon, va se changer ? Pas le temps. Jimmy tu fais chier. Bon, pour une fois, je suis d’accord. Jimmy, tu exagères ! Ouais, eh ben comptez pas sur moi pour vous aider à draguer ce soir ! Il a l’air louche ce type non ? Non, on ne va pas casser la gueule à un innocent juste pour lui prendre ses pompes. Ok mais si on trouve un coupable en chemin ? On va dire que ça dépendra des chaussures et de la pointure. On peut pas se permettre d’être en retard.

Bon, on a pas trouvé de chaussures, et on était dix minutes en retard, mais sinon, jusque là tout va bien, non ? L’Artiste ? Il fait la gueule. Pourquoi ? Parce que manger les trois quarts d’un plateau de petits fours juste devant le nez du propriétaire de la galerie, ça ne se fait pas ! Ben si, ça se fait, t’as bien vu. Eh. Vous l’avez vue ? Qui ? La blogueuse. Elle est là ? Elle est arrivée il y a cinq minutes. On approche ? Avec les chaussures lumineuses ? Tu veux les enlever ? Et y aller pieds-nus ? Bien sûr, ce serait tellement mieux… Le sarcasme ne te va pas, L’Artiste. Tu m’en veux toujours ? Vous êtes en train de me gâcher mon vernissage ! Est-ce que je commente sur la qualité artistique, ou plutôt l’absence de qualité artistique des dessins animés de Jimmy ? Est-ce que je critique le choix vestimentaire des boxeurs sur le ring ? Non ! C’est vraiment trop demander que de pouvoir savourer mon moment à moi ? Maintenant tu sais ce que je ressens. Bon, on va voir la blogueuse. Jimmy tu assures. Ah, j’ai dit que non. Et merde.

Vous ici ?

-Sans déconner, vous me suivez ?

-Euh… Non. Qu’est-ce qui vous fait croire ça ?

-Peut-être le fait que vous apparaissez partout où je vais !

-Oui, mais enfin là…

-Là quoi ? Je sais à quel point le flics sont corrompus, mais je peux quand même demander une interdiction d’approcher !

-Non, mais je veux dire que…

-Que quoi ? C’est le hasard peut-être ?

-Euh, non, pas vraiment mais…

-Alors c’est quoi hein ? On est faits l’un pour l’autre, c’est ça ? C’est le destin ? Hein ?”

Mais elle va me laisser parler à un moment ou quoi ?

Non, c’est juste que c’est…

-C’est quoi, hein ?

-Ben c’est… C’est mon vernissage.”

Elle a l’air surprise. Oui, bon, en même temps…

Oh… C’est vous le…?

-L’Artiste ? Oui.

-Eh bien sachez que vos portraits morcelés n’ont rien de nouveau, et que leur simplicité et leur naïveté de premier abord contraste énormément avec vos paysages, qui eux montrent une maîtrise du style bien supérieure. Mais le choix des dimensions des toiles vous limitent trop et brident votre créativité. C’est une erreur de débutant. Un débutant plein de potentiel, mais un débutant tout de même. Vous devriez voir plus grand. Et tenter un paysage urbain.

-Oh, vous… Vous vous y connaissez en art ?

-Non, mais je viens juste d’avoir une discussion à mourir d’ennui avec quelqu’un convaincu de s’y connaitre. Le type là bas, en train d’acheter votre toile à trois milles dollars.

-Jackpot !

-Pardon ?

-C’est mon nom. Jack Pot.

-Non. Le flyer disait…

-Alexandre Niel, je sais. J’étais juste content d’enfin savoir comment j’allais payer le loyer. Vous… Venez souvent par ici ?”

Pffff… Pitié Jimmy aide nous !

Seulement quand j’ai des factures à payer et qu’un article sur un événement culturel est tout ce qui me permettrait de sortir la tête de l’eau.

-Je vois. Vous faites le sport aussi ?

-Jamais essayé. J’y connais pas grand chose pour être honnête.

-Boxe ?

-C’est fun à regarder.

-J’ai un billet pour un combat samedi soir si ça vous dit.

-Sérieusement ? Un combat de boxe ? Pour un rencard ? Et qu’est-ce qui vous fait croire que je suis interessée ?

-Ne vous en faites pas, j’ai bien dit que j’avais un billet. Je ne pourrai pas y aller, du coup…

-Pourquoi ?

-Je vais être occupé.

-Gratuit ?

-Faut bien que quelqu’un utilise le siège.

-Je prends.”

Merde. Il est bon le petit.

Sympa vos chaussures.”

Merde. Il est con le petit.

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